24/09/2013

L'accident de soi ( Jeanne Orient)

Merci chère Jeanne

“L’accident de soi “, roman de Jeanne Orient
Éditions Harmattan France
Jeanne Orient est née en 1952. Elle a fait carrière dans la communication d’entreprise d’un groupe du CAC 40. L’accident de soi est son premier roman.

Jeanne a 39 ans. Elle va partir pour Venise. Les valises sont pleines de froufrous des courtisanes. Elle a encore le temps de passer une mammographie de routine.

Dans le noir et blanc du cliché dort un cancer Il faut défaire les valises, jeter les froufrous, jeter un sein encore conquérant. Puis Jeanne va mieux. Elle rentre en rémission. Elle reprend sa vie. Mais dans le trou du sein perdu, Jeanne devient double

 

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Prologue

 

Connaissez-vous ces femmes qui vivent dans la lumière entourées de leurs familles et amis et qui pourtant sont les invisibles d’une autre vie qui est également la leur ?

Connaissez-vous ces silencieuses qui parlent beaucoup mais ne disent plus rien ?

 Connaissez-vous ces émancipées arrivées trop tôt ou trop tard sur une aire de jeux interdits ?

 Connaissez-vous ces mutantes qui ont transgressé sans s’en douter des barrières ?

 Connaissez-vous ces tragédiennes qui continuent à jouer pour les autres des vaudevilles ?

 Ces silencieuses sont venues sur des terrains métastasés. Elles ont fracassé tout d’abord leur insouciance, puis cassé leurs miroirs, leur maison, leur famille et pour ceux qui s’en souviendraient, elles se sont cassées elles-mêmes.

 Elles y ont toutes laissé leurs éclats de rire, leur voix et parfois leur peau. Mais jamais leur mémoire. Pourtant, elles ne voulaient laisser que leur mémoire.

 Elles ont appris à faire du troc. Elles ont toutes troqué des chagrins. Et d’avoir troqué des chagrins contre des dérives, on a oublié leurs chagrins pour ne se souvenir que de leurs dérives.

 La mémoire des autres est parfois si dure, si intransigeante, si sélective......



J'ai ces mots de Jeanne devant moi....

Il m’a dit raconte moi, c’est comment…
J’ai reçu sa question comme un coup dans la poitrine. Je ne sais pas expliquer. Je ne peux pas expliquer et garder ma pudeur intacte. Je ne peux pas lui raconter ce qu’il faut de force pour accepter l’idée, ce qu’il faut de force pour résister au vertige, ce qu’il faut de force pour rester debout et les affronter tous, en tentant de rester à égalité. Tous…le choc, le chagrin, ceux qui vous aiment, ceux qui veulent vous sauver et surtout affronter cet autre qui s’est glissé dans votre peau, dans votre corps, dans la plus petite parcelle de rire que vous aviez. Non, je ne peux pas lui expliquer cet exil inattendu, cette lisière insupportable. Alors j’ai préféré lui montrer une photo. Une magnifique photo, bleutée comme le silence qui vous entoure soudain, froide comme les mains en supplique qui deviennent les vôtres, belle comme tout ce que vous avez été, somptueuse comme tous vos souvenirs heureux. Et puis ce couloir, long, très long, avec des miroirs partout où vous ne pouvez plus vous reconnaitre. Je ne peux pas lui dire tout ce qui se passe dans ce couloir. Je ne peux pas lui dire combien il faut ramper sur le marbre glacé…
Je peux juste lui sourire et il comprendra qu’on peut malgré tout ne pas en mourir tout à fait.J .Orient





Amoureuse des phrases qui dansent, des mots qui chantent, j’aime les écrits de Jeanne
Ses mots vous touchent, vous emportent , font mouche.
Jeanne est mon amie, elle sait que son livre est important pour moi.
Nous parlons peu de nos accidents, nous aimons continuer notre route.
Surtout , nous aimons la vie, notre famille et nous aimons rire.
Jeanne et un rayon de soleil
Elle est entrée dans ma vie avec ce livre
Je la garde pour toujours.

L’accident de soi est toujours à portée de ma main
Parce que savoir vivre les mots, c’est vivre intensément.

Je te remercie ma Jeanne pour cette tendresse.

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22:55 Écrit par emilie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |